Fées et symbolisme

Publié le par Léna h. Coms

Il y a une nuance importante entre l'univers féérique/éroico-fantasy et le symbolisme proprement dit ; bien que ces deux univers s'entre-coupent et que le symbolisme ait cultivé ce goût du féérique (en parallèle d'une culture anglaise merveillesement portée sur les contes et l'esprit de la nature).
Tout ce qui est féérique n'est pas symboliste et vice-versa, tout ce qui est symboliste n'est pas féérique.
Cependant, il me semble que le symbolisme a contribué à forger l'univers des fées et de la "Fantasy". Tolkien n'aurait sans doute jamais écrit le Seigneur des Anneaux ni conçu l'ensemble de son univers, s'il n'avait beigné dans celui des préraphaélites, de l'art- and-craft, de part son époque. D'ailleurs, à ce propos, on peut considérer que le Seigneur des Anneaux est une oeuvre largement symbolique puisque cette quête de l'Anneaux et ses métaphores du pouvoir ne seraient que le reflet de la quête humaine dans la société, tout comme les légendes Arthuriennes et la conquête du graal avant lui.
D'autre part, on retrouve une fascination générale pour la fée (ou si l'on élargit le domaine aux sorcières) pour des figures de "femmes fatales" telles que Circée ou Médée (confere Autour de la figure de Médée ).
En consultant le livre d'Edward Lucie Smith (Le symbolisme, édition Thames & Hudson), j'ai remarqué le peintre et dessinateur Richard Dadd avec son "Coup de maître du bûcherons magicien" ( p36). L'univers, à la Guliver, évoque des petits elfs parmi les fleurs.

le coup de maître du bûcheron magicien

On remarquera également au Musée d'Orsay, le remarquable tableau du "Chevalier aux fleurs" (avant 1894: huile sur toile H. 2.35 ; L. 3.76. Musée d'Orsay, Paris, France) de Georges Rochegrosse. Merveilleux tableau qui nous emporte dans un autre monde par son grand format. Il démontre également que le symbolisme n'est pas qu'ombres sans espoir et mort, mais qu'il peut aussi explorer un onirisme joyeux...
(confere le site du musée-d'orsay)

 

 Le-chevalier-aux-fleurs.gif




Voilà comment, au moyen de quelques exemples, on peut explorer les fées dans le symbolisme. Ces fées - on le notera - sont un formidable prétexte pour démontrer que le symbolisme peut aussi être possitif, gai, et explorer des teintes pastelles...

 

Publié dans réflexion

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Tiki 02/01/2010 18:36


Salut!
Concernant le Seigneur des Anneaux, Tolkien a dit "Ne cherchez aucun sens ou message, car je n'en ai mis aucun. Ce récit n'est ni allégorique, ni d'actualité. Je déteste les allégories sous toutes
leurs formes (...). Je préfère l'histoire, réelle ou inventée. A chaque lecteur de faire le lien avec sa vie. Et cette applicabilité n'est pas une allégorie."
A bon entendeur, salut! Et bon courage pour ton blog!


Léna h. Coms 02/01/2010 19:43


C'est vrai que l'histoire se suffit en elle-même, mais ne vous fâchez pas, ce n'est pas tout à fait une affirmation mais plutôt une hypothèse. J'aime aussi énormément les histoires et c'est une des
grandes raisons qui fait que le symbolisme me séduit... Et il me semble que les histoires qui ont un sens (même très caché, surtout s'il est profondément caché) nous apprennent énormément sur
nous-même. Et si Tolkien a tant de succès, c'est bien qu'il nous apporte quelque chose, même si nous devons pas y trouver un sens, je suis sûr que nôtre inconscient le trouve, et c'est en cela
qu'il est un génie. Cependant il reste à chacun la liberté d'écouter les histoires dans le sens qui lui plait, et c'est celà aussi qui fait la magie des récits...
L'homme est pervers par nature et sa perversité le poussera souvent à chercher un sens coute que coute, et avant tout le sens de la vie...