Un langage particulier mais universel

 

Toute langue à ses particularités qui nécessitent un certain apprentissage dans les codes, mais elle se fondent égalent sur des structures déjà existantes. Si bien que le symbolisme et souvent arrêté à cette image stérile (mais néanmoins pertinente quand elle est employée avec ruse) de femme fatale et castratrice, et de cette obsession de sexualité et de mort. Cela est en partie vrai mais ne se limite pas à ces deux faits simplistes. Le symbolisme repose sur les éléments vitaux que sont l'éros et le thanatos (qui incluent dans leur contre-nature la souffrance et la vie), et sa figure grandiose, majestueuse et support de tous les messages et la figure de la femme. Mais le symbolisme est avant tout issu de la culture. Il se nourrit de la littérature, de l'utopie, de la culture de l'époque et de tout ce qu'elle a elle-même accumulé. Tout est prétexte à la métaphore, à la transformation du langage brute et de l'intuition violente en métaux précieux et compréhensible par l'autre sans qu'il ne s'en rende même compte. C'est la création d'un langage qui chemine en chacun avec ce talent qui nous fais croire que l'idée vient de nous, ainsi, nous l'acceptons plus consciemment. La langue Symboliste est un langage issue de la société à l'adresse de la société. En cela elle est cette alchimie décrite par Rimbaud cent ans auparavant.

Que retient le symbolisme du langage de la société? Tout d'abord la cristallisation de ses émotions, de ses peurs, de ses intuitions par la métaphore. La métaphore, - qu'elle apparaisse sous la forme de conte, légende, religion, récit, pièce de théâtre ou même événement médiatique (s'il rentre dans l'imaginaire collectif), l'utopie et les sciences utopiques... - est cette formation épurée de ce qu'est la société. La culture bien étudié, révèle le caractère de l'Homme et ses faiblesses. En autant le manichéisme, la simplification en caractères types ou les lieux communs, qui sont des structures permettant de libérer l'essentiel et de généraliser; on parvient à transcrire les fautes récurrentes de l'Homme, ce dont il veut se protéger, ce qu'il espère et qu'il doit apprendre de lui-même. Cette transcription de la société dans une trame simplifié et codifié n'est que la représentation de la palette sociale, mais surtout humaine. D'autre part, affirmez la vérité à un individu et il la rejettera ou fera sont contraire par nature, parce que l'homme à besoin d'être séduit dans son raisonnement, conduit par la confiance, et aussi parce que le langage employé trop directement le blesse dans son intérieur. Alors la métaphore et ses transcriptions sociales avec ce qu'elle a de travaillée permet de s'adresser à l'autre avec plus de finesse et de douceur, avec plus de russe et de séduction, mais toujours avec authenticité. Parce que la métaphore et plaisante et infinie. Aussi cette base de métaphore que nous donne la tradition populaire, la mythologie gréco-romaine, égyptienne, nordique, celte, ainsi que les religions et croyances sont des sources inépuisable que l'artiste peut utiliser comme base car elle sont déjà un inconscient collectif travaillé. L'artiste s'en servira comme béquille, y ajoutera d'autres sources de la société, son imagination personnelle... et en fera un nouveau langage très travaillé mais visant le plus profondément possible l'inconscient de chaque individu de la collectivité. Le symbolisme n'est pas une narration gratuite, un monde d'imaginaire pur, ni un univers totalement échappatoire, c'est un miroir déguisé de la réalité.