HYSTERIA & JESUS

Publié le par MaaTmaD

HYSTERIA & JESUS

 

Nous avons tous, en tête, l’image de Jésus lascivement accroché à une croix dans une position sensuelle et charnellement obscène. Mais avons-nous conscience de la forme féminine qu’il figure ainsi? Le plus célèbre des crucifiés est, en fait, le symbole de l’utérus ensanglanté dans toute sa splendeur. Cette vision crève la sensibilité rétinienne, empoisonne le nerf optique et fait raisonner son écho lointain dans la mémoire cérébrale. La forme engendrée trace en nous des lignes familières. Nous sommes face à une figuration inégalable par la force qu’elle concentre. Dans ce spectacle grandiose, les fidèles, ne veulent voir qu’un homme offert au sacrifice, une chair torturée sur un bout d’arbre mort. En vérité, leurs inconscients idolâtrent la manifestation d’un pouvoir supérieur et originel. Ainsi, les adorateurs du Christ ont bâti le plus grand temple à la gloire de la matrice.

L’église chrétienne n’a pas réussi à se passer de la figure féminine pour prêcher l’amour et la piété. Tandis que la peur les a fait désirer le paradis perdu. De là naquit le sentiment d’infériorité face à celle qui accouche, il poussa ses enfants à sophistiquer la férocité naturelle de la femme jusqu’à la rendre stérile. De l’autre côté, la chasteté des prêtres témoigne de la terreur et du respect suscités par la génitrice. Ainsi, demeurent-ils petits garçons en aspergeant le monde entier avec un liquide emprunté à leur habitat éternel, que seul leur angélisme puéril pourrait bénir.

Pourtant, le péché originel n’est autre que la fin inévitable de l’innocence, c’est le cordon coupé de la symbiose incestueuse. Dans le jardin d’Eden l’arbre fut dépucelé par le fruit mûr arraché. Avidement croqué, son goût fit la promesse de la vie mature: amèrement délicieuse. Quant au serpent, ce gardien perfide d’un don empoisonné est l’incarnation de l’éveil. Lorsque sa tentation séduit enfin le duo, celui-ci, comme tout enfant, s’est vu expulsé du jardin où il a fleuri. Dès lors, seulement, les simples amants ont su devenir un couple car il leur a fallut être entiers pour s’unir véritablement et planter leur arbre commun dans la redoutable forêt de l’étrange inconnue.

Jésus comme l’utérus, symbolise la vie, la mort et la renaissance. La chair clouée meurt mais son esprit s’échappe pour retrouver son enveloppe corporelle par la suite. Devions-nous être ainsi inhibés dans la matière pour reconnaitre notre force vitale? Nous avions, alors, besoin de cette mort passagère pour réveiller nos esprits.

Certains ont déjà eu le temps de s’évader du poids de leur croix pour rejoindre le futur. Ces êtres médiums* œuvrent dans le présent en gardant la mémoire du passé.

 

* J'appelle "médium" tout être ayant acquis un certain degré d'évolution spirituelle et instinctive. Le commun des mortels leur donne les noms d'artiste, de génie, de clairvoyant et de sage.

Publié dans réflexion

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