Le symbolisme au cinéma (première partie)

Publié le par Léna h. Coms

      Pour évoquer le symbolisme au cinéma, il me viendrait l'idée première de citer l'oeuvre cinématographique de Jean Cocteau. Cocteau étant un post-symboliste affirmé, il est évident que Le testament d'Orphée, Le sang d'un poète, La belle et la bête (bien sûr) ou encore Les enfants terribles de par Melville (mais tellement fidèle à l'esprit Cocteau...) sont des films symbolistes incontestés.
      Le cinéma de la nouvelle vague reprend quelques lignes symbolistes, Tirez sur le pianistede Truffaut évoque par exemple les doutes sur l'amour et les femmes, la quête du bonheur, le parcours tumultueux d'un pianiste et la mort qui emporte enfin Léna...
     Par ailleurs, dès l'origine du cinéma, et en parallèle d'un cinéma réaliste-documentaire (L'arrivée du train en gare de Laciotta), on voit se développer un cinéma fantaisiste, à la limite du symbolisme. C'est par exemple le cas du cinéma de Méliès ( La conquête de la lune, la partition enchantée...).
    Bien sûr, le cinéma en grand consommateur de littérature n'oublie pas d'adapter de grands chef-d'oeuvres symbolistes, si l'on considère les adaptations d'Edgar Poe, de Dracula.
     Dans un autre registre, on peut considérer les biopics consacré à la vie d'artistes plus ou moins symbolistes. C'est le cas pour l'adaptation sur Eduard Munch ou encore celle sur Van Ghog...
     Mais dans le cinéma contemporain? Qu'il soit populaire ou d'auteur...
Et bien la première idée qui me vient et le merveilleux film de Darren Aronofsky  : The Fountain. Le triptyque entre réalité, conquête du monde pré-colombien au XVème siècle et 'paysage intérieur' est fascinant...
Loin de dire que Requiem for a dream ne l'est pas, au contraire. Mais la monstration du symbolisme y est plus discrète, les codes sont extrêmement contemporain: enfer de la drogue, dépendance, addiction, et en filigrane ce malaise social sans quoi le symbolisme ne pourrait être. Notons au passage les passages obsessionnel: la mère au régime ne pense plus qu'à ses demi-pamplemouse, ses oeufs et son réfrigérateur ''prosopopéen''... Le tableau en quatre volet est saisissant. Mais les codes anciens du symbolisme sont très clair dans The Fontain(peut-être l'influence judéo-chrétienne de l'auteur?). Soit, l'analyse du symbolisme chez ce réalisateur ne serait pas inintéressante.
       Mais ou avais-je la tête? Les passionnés de Tim Burton me diront que Big Fish est merveilleusement symboliste. Cet univers proche de Freaks mais à l'onirisme d'avantage prononcé ne dément pas les origines du symbolisme. L'univers fantastique du réalisateur flirt avec l'inclassable symbolisme: de Frankenwennie au Babier de Fleet Street.
      On retrouvera également des traces de symbolisme dans les oeuvres de l'assiatique Wong Kar Wai: 2046. ''Œuvre ambitieuse et élégante, obsessionnelle et fétichiste, sensuelle et distante, démesurée et en apparence paradoxalement minimale, « 2046 » est un grand film sur l'amour qui déçoit ou éblouit.'' Le voyage en train comme une parenthèse rappel étrangement l'errance du héros de The Fontain.
       Enfin concluons cette première réflexion sur le cinéma et le symbolisme en citant l'éblouissant film de Garrel: La frontière de l'aube. Son univers reprend fortement celui de Cocteau et de Lewis Carroll (le miroir) et y mêle d'autres fantasmes, d'autres impossibilités... Le choix du noir et blanc, écho à la photographie en tant qu'art et métier d'art (celui du héros) comme choix artistique nous amène à évoquer un film difficile à aborder: Le chant des oiseaux. Ce film sur la traversée des trois mages, est naturellement issue de la tradition Chrétienne (dont le caractère mythique est une grande source d'inspiration pour le symbolisme). Ce film esthétique est étiré aurait sans doute gagné à être accompagné d'une bande son plus fournie, mais cela est une autre histoire.
        Voici donc une première réflexion sur le symbolisme au cinéma, et cependant il me semble que le sujet reste vaste... Le symbolisme se définirait simplement comme une opposition au réel et au naturalisme par un univers non réel donc, mais est-ce si simple?

Pour prolonger la réflexion:
un commentaire intéressant sur le cinéma et le symbolisme de Daniel Weyl:
http://pagesperso-orange.fr/daniel.weyl/Daniel/Le_Symbolique_au_cinema.htm



Publié dans réflexion

Commenter cet article

Malka 05/08/2009 13:29

Je découvre cet univers. L'article est très intéressant.Bienvenue dans la communauté Les portes du Merveilleux.

Léna h. Coms 06/08/2009 20:25


Merci à vous, j'espère prolonger le débat... le monde du cinéma est presque sans frontières. N'hésitez pas à me faire par de vos connaissances en cinéma et vos critiques...